Gabon / Mékambo : l’unique ambulance hors service, la gestion du véhicule au cœur des interrogations
L’ambulance accidentée Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Accidentée sur l’axe Mékambo–Makokou, plus de 100 kilomètres près du village de Kangaka il y’a quelques jours, l’unique ambulance utilisée pour les évacuations sanitaires de la localité est désormais immobilisée. Au-delà du bilan provisoire de deux blessés, rapporté par la plateforme Métandou Mia Mékambo (MMM), les circonstances de l’accident et les conditions d’utilisation du véhicule soulèvent plusieurs questions.
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Pour les populations de Mékambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, l’immobilisation de cette ambulance représente un nouveau sujet de préoccupation. Récemment mise à disposition grâce au Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), elle constituait un moyen essentiel pour transférer les malades vers Makokou, notamment en cas d’urgence.
Un conducteur dont la désignation interroge
Selon les informations rapportées par Métandou Mia Mékambo, un certain Stéphane, présenté comme le neveu d’Alexis Ndjelet, responsable du centre médical de Mékambo, conduisait l’ambulance au moment de l’accident.
La plateforme affirme qu’un chauffeur aurait pourtant été affecté à cette structure sanitaire par le ministère de la Santé. Elle évoque des tensions présumées entre ce dernier et le responsable du centre médical, qui auraient conduit à confier la conduite du véhicule au neveu de ce dernier.
Ces éléments restent à vérifier auprès des personnes concernées. Ils posent néanmoins une question de fond : quelles règles encadrent la désignation des conducteurs d’un véhicule sanitaire public ?
Autre point soulevé par MMM : le conducteur présumé aurait été en état d’ivresse au moment des faits. Des témoins parmi les victimes auraient affirmé qu’il avait consommé de l’alcool avant de prendre le volant. Cette accusation, particulièrement grave, nécessite d’être corroborée par des éléments fiables et par les autorités compétentes.
La plateforme évoque également un handicap au bras chez le conducteur présumé. Cette information ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à une éventuelle inaptitude à la conduite, laquelle doit être appréciée selon les critères médicaux et réglementaires applicables.
Évacuations sanitaires : que deviennent les 40 000 FCFA payés par les malades ?
L’accident remet également sur la table la question du coût des évacuations sanitaires entre Mékambo et Makokou. Selon MMM, les patients doivent payer 40 000 FCFA pour bénéficier du transport en ambulance.
Qui a fixé ce tarif ? Sur quelle base a-t-il été établi ? À qui les sommes collectées sont-elles reversées et comment leur utilisation est-elle contrôlée ?
La plateforme demande des éclaircissements sur ces différents points, ainsi que sur les éventuelles modalités de remboursement des patients concernés par l’accident.
En l’absence d’informations détaillées sur le cadre de cette facturation, ces questions appellent des réponses précises de la part des responsables sanitaires.
Une immobilisation aux conséquences potentiellement lourdes
Au-delà des responsabilités qui pourraient être établies, l’enjeu immédiat reste l’accès aux évacuations sanitaires. Sans cette ambulance, les habitants de Mékambo risquent de rencontrer davantage de difficultés pour transférer les malades vers Makokou, particulièrement lorsque leur état nécessite une prise en charge rapide.
Dans un contexte où les moyens de transport sanitaire sont essentiels, l’immobilisation de l’unique véhicule disponible soulève aussi la question des solutions de remplacement et des délais de remise en service.
Par cette interpellation, Métandou Mia Mékambo appelle les autorités compétentes à faire la lumière sur les circonstances de l’accident, les conditions d’affectation du conducteur et la gestion des sommes payées par les patients.
Le responsable du centre médical, Alexis Ndjelet, est notamment appelé à s’expliquer sur les conditions dans lesquelles l’ambulance aurait été confiée à son neveu, si ces faits sont confirmés.
L’enjeu dépasse ainsi le seul accident : il concerne la transparence dans la gestion d’un équipement public et la continuité des évacuations sanitaires. À Mékambo, les populations ne devraient pas avoir à subir durablement les conséquences de la perte de leur principal moyen de transfert médical.