Ogooué-Ivindo : l’ivoire continue de circuler malgré la traque des trafiquants
Les présumés trafiquants d’ivoire Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Trois présumés trafiquants d’ivoire ont été interpellés le 5 septembre dernier à Ovan, dans l’Ogooué-Ivindo. Six pointes d’ivoire, découpées en douze morceaux, ont été saisies au cours de l’opération menée par les Eaux et Forêts et la Police judiciaire, avec l’appui de Conservation Justice. Placés sous mandat de dépôt, les mis en cause attendent désormais la suite de la procédure judiciaire.
Ogooué-Ivindo : l’Ivoire continue de circuler malgré la traque des trafiquants
L’Ogooué-Ivindo compte parmi les provinces gabonaises abritant d’importantes populations d’éléphants. La richesse de son couvert forestier et la présence d’aires protégées, notamment les parcs nationaux de l’Ivindo et de Mwagna, en font une zone particulièrement concernée par la protection de la faune sauvage.
Dans un communiqué publié ce mercredi 16 septembre 2026, l’ONG Conservation Justice revient sur une opération menée le 5 septembre à Ovan, dans le département de la Mvoung.
L’intervention a été conduite par l’administration des Eaux et Forêts et la Police judiciaire de Makokou, avec l’appui de Conservation Justice. Elle a permis l’interpellation de quatre personnes et la saisie de six pointes d’ivoire sectionnées en douze morceaux.
Trois suspects placés sous mandat de dépôt
Selon les éléments communiqués par l’ONG, trois des quatre personnes interpellées auraient été prises en flagrant délit de tentative de commercialisation de produits issus de l’éléphant.
Le quatrième individu, présenté comme le chauffeur chargé du transport, a été interpellé séparément. Il a finalement été écarté de la procédure, faute d’éléments suffisants permettant d’établir son implication dans le trafic présumé.
À l’issue de l’enquête, les trois suspects ont été déférés devant le parquet compétent à Libreville. Après leur confrontation, le 11 septembre 2026, devant le parquet de la République spécialisé, ils ont été placés sous mandat de dépôt.
Jusqu’à dix ans d’emprisonnement
Conservation Justice rappelle que la détention, la vente ou la tentative de vente d’ivoire sont sanctionnées par la législation gabonaise.
L’ONG cite notamment les articles 390 et 398 du Code pénal, qui prévoient des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement ainsi que des amendes pouvant atteindre cinq fois la valeur du produit saisi.
Pour l’organisation, la répétition des affaires de criminalité faunique montre que les efforts des Eaux et Forêts, des forces de l’ordre, de la justice et des organisations environnementales doivent s’accompagner d’un renforcement des moyens de lutte sur le terrain.
Le trafic d’ivoire, un problème qui dépasse les arrestations
Si le braconnage et le trafic d’ivoire constituent des infractions, la persistance du phénomène pose également la question de ses causes. Pour certains observateurs, la précarité et le manque d’activités génératrices de revenus dans certaines localités peuvent pousser des habitants vers ces activités illégales.
Cette hypothèse mérite toutefois d’être documentée et confrontée aux réalités locales.
Au-delà de l’arrestation des présumés trafiquants, une autre question demeure : que deviennent les personnes condamnées pour trafic d’ivoire après leur incarcération ? Et surtout, que devient l’ivoire saisi par les autorités ?
L’ivoire saisie
Conservation, stockage, traçabilité, destruction ou éventuelle utilisation à des fins judiciaires ou scientifiques : le devenir des produits saisis constitue également un enjeu de transparence.
Car la lutte contre le trafic d’ivoire ne s’arrête pas à l’arrestation des trafiquants. Elle suppose également de garantir la traçabilité des saisies et la transparence de leur gestion jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire.
