Gabon : le chef de l’État Oligui Nguema ciblé sur les réseaux sociaux, la sénatrice Élodie Diane Fouefoue s’indigne
La Vénérable Sénatrice, Vice-Présidente du Sénat, Elodie Diane Fouefoue épouse Sandjoh Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Une nouvelle polémique agite les réseaux sociaux gabonais. L’activiste gabonais Lanlaire, vivant en Suisse, est au cœur des discussions après la diffusion d’une vidéo devenue virale dans laquelle il s’en prend ouvertement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à la Première Dame ainsi qu’à des membres de sa famille.
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La sortie de l’activiste Lanlaire suscite de nombreuses réactions et ravive le débat sur les limites de la critique politique dans l’espace numérique.
Parmi les personnalités ayant choisi de réagir figure l’ancienne ministre de la Femme, aujourd’hui sénatrice et vice-présidente du Sénat, Élodie Diane Fouefoue épouse Sandjoh. Dans une tribune intitulée « Indignation », publiée ce lundi 10 août sur Gabonews, elle condamne fermement les propos tenus par l’activiste.
« Il faut que ça s’arrête »
Dans sa tribune, la sénatrice estime que les condamnations de principe ne suffisent plus et appelle à davantage de fermeté.
« Il faut plus que des condamnations de principe. Il faut des actes, de la fermeté et, lorsque cela est nécessaire, des réponses à la hauteur des responsabilités de chacun », martèle-t-elle. »
Pour Élodie Diane Fouefoue épouse Sandjoh, les attaques visant le chef de l’État et sa famille ne sauraient être banalisées au nom de la liberté d’expression.
« Cette attitude qui consiste à vilipender, diffamer et injurier avec une légèreté inouïe ceux qui incarnent l’État, le pouvoir et les institutions de la République doit cesser. Il faut que ça s’arrête. »
Les « soutiens » du chef de l’État également interpellés
La vice-présidente du Sénat interpelle également ceux qui se présentent comme des soutiens du président de la République. Selon elle, la proximité avec le chef de l’État ne doit pas être confondue avec une relation personnelle, encore moins avec la possibilité d’agir sans mesurer les conséquences de ses prises de position.
Elle met notamment en garde contre certains comportements qu’elle considère comme susceptibles de fragiliser l’image du président de la République et de son action.
« Un vrai soutien protège. Il ne ternit pas », écrit-elle, dénonçant les soutiens qui, selon elle, « exposent », « divisent » ou agissent principalement dans leurs « intérêts personnels. »
Dans sa tribune, Élodie Diane Fouefoue épouse Sandjoh va plus loin en appelant les soutiens du président à davantage de responsabilité : « Protégez le Chef ou écartez-vous. »
Liberté de critique ou dérive verbale ?
Cette polémique pose, une nouvelle fois, la question de la frontière entre liberté d’expression et attaques visant les institutions ou les personnes qui les incarnent.
La critique de l’action présidentielle, la contestation des choix politiques, l’interpellation du gouvernement ou encore la proposition d’alternatives constituent des composantes essentielles du débat démocratique. En revanche, lorsque la contestation politique s’accompagne d’injures, d’invectives ou d’attaques personnelles, notamment à l’encontre du chef de l’État ou de sa famille, le débat peut prendre une autre dimension.
C’est précisément sur cette ligne de fracture que se situe la polémique autour de l’activiste Lanlaire.
Au-delà des clivages politiques, cette affaire interroge surtout la responsabilité des acteurs qui prennent publiquement la parole sur les réseaux sociaux. Dans un environnement où une vidéo peut atteindre rapidement des milliers d’internautes, la liberté de ton implique également une responsabilité quant aux propos tenus et à leurs éventuelles conséquences.
La polémique dépasse ainsi la seule confrontation politique. Elle renvoie à une question plus large : comment concilier liberté de critique, respect des institutions et responsabilité dans le débat public gabonais à l’ère des réseaux sociaux ?