Les usagers à la recherche du carburant dans une station à Libreville, photo (Internet) Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Au Gabon, les difficultés d’accès au gasoil ne se limitent plus aux stations-service. Depuis une semaine, elles commencent à affecter le quotidien des populations et le fonctionnement de certains services, notamment la collecte des ordures ménagères.
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Au Gabon, les difficultés d’accès au gasoil ne se limitent plus aux stations-service. Depuis une semaine, elles commencent à affecter le quotidien des populations et le fonctionnement de certains services, notamment la collecte des ordures ménagères.
Dans les stations-service disposant encore de carburant, l’affluence reste importante. Les automobilistes doivent parfois patienter longuement avant de pouvoir s’approvisionner. Une situation qui complique les déplacements et contraint de nombreux usagers à adapter leur organisation quotidienne.
Pour les personnes qui utilisent leur véhicule pour se rendre au travail, transporter des marchandises ou exercer une activité professionnelle, l’accès plus difficile au gasoil constitue une contrainte supplémentaire. Les effets de cette situation commencent également à se faire sentir dans certains services publics ou privés dont le fonctionnement dépend directement du carburant.
Les ordures ménagères, une première conséquence visible
La collecte des déchets constitue l’une des premières conséquences concrètes déjà annoncées.
Dans un communiqué signé par sa direction générale et rendu public le 4 octobre 2026, Clean Africa indique que ses opérations sont perturbées à Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum.
La société, chargée de la collecte des ordures ménagères, explique que « l’épuisement de stock entraîne [...] une réduction temporaire » de ses capacités opérationnelles.
Le communiqué de clean Africa
Cette annonce concerne directement le quotidien des habitants des communes touchées. Clean Africa ne précise cependant pas, dans son communiqué, l’ampleur des collectes affectées ni la durée prévue de ces perturbations.
Le risque du surstockage
À ces conséquences visibles s’en ajoute une autre, plus difficile à mesurer : la psychose que provoquent généralement les situations de pénurie. Face à la crainte de manquer, certains usagers peuvent être tentés d’acheter et de stocker davantage de carburant que nécessaire.
Les images de personnes transportant plusieurs bidons de carburant illustrent cette inquiétude. Ce comportement peut contribuer à accroître momentanément la pression sur les stocks disponibles et ainsi prolonger ou accentuer les difficultés d’approvisionnement. Une pénurie, même en voie de résorption, peut ainsi être entretenue par les achats de précaution qu’elle provoque elle-même.
Mais la question est aussi, et peut-être surtout, celle de la sécurité. Le carburant transporté dans des bidons est susceptible d’être ensuite conservé dans des domiciles ou dans des lieux qui ne disposent pas nécessairement des conditions adaptées à son stockage. Or la manipulation et la conservation de produits inflammables exposent à des risques d’incendie, d’explosion ou d’accident domestique.
Cet aspect paraît d’autant plus préoccupant qu’il ne fait, pour l’instant, l’objet d’aucune communication particulière des autorités. Aucune campagne visible de sensibilisation ou de mise en garde n’accompagne les difficultés actuelles pour rappeler les précautions à observer dans le transport et le stockage du carburant.
Au-delà de la question de l’approvisionnement, il existe donc désormais un enjeu de sécurité publique qui mériterait d’être pris en compte.
Des usagers toujours dans l’attente
Une cargaison de gasoil pourrait contribuer à améliorer la situation. Un navire chargé de carburant importé a accosté dans la nuit de samedi à dimanche, selon le ministère du Pétrole. Les livraisons ont débuté en fin de matinée, rapporte RFI.
L’arrivée de cette cargaison doit permettre de renforcer les stocks disponibles dans les stations-service. Mais son effet réel sur la situation vécue par les usagers devra être constaté dans les prochains jours.
Pour les populations, l’enjeu est désormais très concret : pouvoir se déplacer, poursuivre leurs activités et bénéficier normalement des services du quotidien.
Des explications toujours attendues
Si les autorités ont annoncé l’arrivée d’une nouvelle cargaison, les raisons précises des difficultés actuelles n’ont toujours pas été communiquées par le ministère du Pétrole.
En attendant, les conséquences sont déjà perceptibles dans plusieurs domaines : longues attentes dans les stations-service, perturbations annoncées dans la collecte des déchets et développement de pratiques de stockage qui pourraient, à leur tour, créer de nouvelles difficultés et de nouveaux risques.
La question porte désormais autant sur le retour à une disponibilité normale du gasoil que sur la capacité à assurer la continuité des services qui en dépendent. Elle appelle également une communication publique sur les risques liés au stockage domestique du carburant. Car une pénurie d’approvisionnement ne devrait pas, faute de prévention, se transformer en problème de sécurité.
