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Gabon / CECA-GADIS : à Ndendé, la fermeture du Cecado révèle le recul du commerce de proximité


Gabon / CECA-GADIS : à Ndendé, la fermeture du Cecado révèle le recul du commerce de proximité

L’ancien Cedado à Ndendé Credit:© 2026 D.R./Le Radar

À Ndendé, dans la province de la Ngounié, le Cecado a fermé ses portes. Son bâtiment, désormais repeint en blanc, témoigne du retrait progressif d’une enseigne qui, pendant des décennies, a contribué à l’approvisionnement des villes de l’intérieur du Gabon. Derrière cette fermeture se pose une question plus large : celle de l’avenir du commerce de proximité dans les territoires.

CECA-GADIS : à Ndendé, la fermeture du Cecado révèle le recul du commerce de proximité

 

En 2025, le groupe CECA-GADIS avait annoncé la fermeture de 43 magasins dans sept provinces : l’Estuaire, la Ngounié, la Nyanga, l’Ogooué-Lolo, le Haut-Ogooué, le Woleu-Ntem et l’Ogooué-Ivindo. Selon le quotidien L’Union, cette restructuration devait ramener son réseau de 103 à environ 60 établissements.

 
À Ndendé, chef-lieu du département de la Dola, la fermeture du Cecado est désormais effective. Selon des informations recueillies localement, le bâtiment aurait été repris par des ressortissants libanais. Cette éventuelle reprise reste toutefois à confirmer officiellement, tout comme la nature des activités qui pourraient s’y installer.

 

Un maillage commercial fragilisé

 

Pendant plusieurs décennies, CECA-GADIS a assuré une présence commerciale dans des localités parfois éloignées des principaux circuits d’approvisionnement. Son réseau permettait aux habitants d’accéder à des produits de consommation courante, tout en participant à l’activité économique locale.

 
La restructuration du groupe intervient dans un contexte marqué par la suppression, en 2018, de l’accompagnement de l’État dont il bénéficiait depuis 1967. Ce dispositif contribuait notamment au maintien d’un réseau commercial étendu, à la modération des prix et à l’approvisionnement des localités de l’intérieur.

 
Sa disparition soulève une interrogation sur les conditions économiques nécessaires au maintien de commerces dans les villes où les coûts de transport, de stockage et de distribution peuvent peser lourdement sur la rentabilité.

 
En 2025, dans un entretien accordé à L’Union, Isabelle Essonghe, administratrice directrice générale de CECA-GADIS, avait exprimé sa volonté de redresser le groupe et d’inverser la tendance. Une ambition dont les effets restent à apprécier sur le terrain.

 

Quel avenir pour les villes de l’intérieur ?

 

À Ndendé, l’éventuelle installation d’un nouvel opérateur commercial pourrait permettre de rétablir une offre de proximité. Mais elle ne répondrait pas, à elle seule, à la question du maillage commercial national.

 
La fermeture des magasins CECA-GADIS rappelle une difficulté ancienne : assurer aux populations des villes de l’intérieur un accès régulier aux produits essentiels, à des prix accessibles, malgré les contraintes logistiques.

 
Le retrait de l’État de l’accompagnement du groupe pose ainsi une question de politique d’aménagement du territoire. Quelles mesures permettront de maintenir une activité commerciale viable dans les localités les moins rentables, sans faire reposer toute la charge sur les consommateurs ?

 
Le Cecado a fermé à Ndendé. Reste à savoir ce qui prendra sa place et, surtout, dans quelles conditions les habitants continueront à s’approvisionner.

 
Car derrière la disparition d’une enseigne, c’est aussi une part de la vie économique des villes de l’intérieur qui risque de s’effacer.

 

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