Affaire Ambassadeur du Gabon en France : Quand un démenti anonyme confirme qu’on n’a pas lu l’article
Michel Ongoundou Loundah, ancien Sénateur Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Un démenti anonyme qui circule sur les réseaux sociaux entend contredire les révélations d’Africa Intelligence sur les déboires judiciaires de la représentation gabonaise en France. Mais répond-il vraiment aux faits rapportés ? Michel Ongoundou Loundah a lu les deux versions. Il réagit.
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Quand un démenti anonyme confirme qu’on n’a pas lu l’article
J’ai lu avec attention le démenti anonyme qui circule depuis quelques heures sur les réseaux sociaux et qui entend contester les informations publiées par Africa Intelligence au sujet des déboires judiciaires de la représentation gabonaise en France.
À la lecture de ce texte, une difficulté apparaît immédiatement : le démenti ne répond pas exactement à ce qu’a écrit Africa Intelligence.
Le média ne dit nulle part que la résidence officielle de l’ambassadeur du Gabon appartenant à l’État gabonais serait menacée d’expulsion.
Il parle d’un appartement loué par l’État gabonais, occupé depuis 2013 par le représentant du Gabon auprès de l’Unesco et de l’Organisation internationale de la francophonie, et pour lequel le bailleur réclame 9 749,13 euros.
Ce n’est pas tout à fait la même chose.
Démentir ce qui n’a jamais été écrit
Répondre que l’État gabonais est propriétaire de sa résidence officielle et que, par conséquent, il ne peut se devoir un loyer à lui-même revient donc à démentir une information qui n’a pas été publiée.
Encore mieux : l’article donne le nom du bailleur, Homya, indique l’existence d’un bail, évoque un commandement de payer délivré en novembre 2024, la notification du non-renouvellement du bail, une assignation et, surtout, une décision du tribunal judiciaire de Paris datée du 26 août 2026.
Voilà beaucoup de précisions pour un prétendu « pur tissu de mensonges ».
Dès lors, le démenti le plus simple aurait été autrement plus efficace : publier la décision du tribunal et démontrer qu’elle n’existe pas, qu’elle ne concerne pas l’État gabonais ou qu’Africa Intelligence en a dénaturé le contenu.
Mais répondre à un appartement loué en brandissant le titre de propriété d’un autre immeuble, c’est un peu comme contester une facture d’hôtel en exhibant le titre foncier de sa maison.
La souveraineté nationale n’est pas une quittance de loyer
Quant aux envolées sur « la dignité de notre Nation », « l’honneur de la patrie », « le rang » et « la souveraineté » du Gabon, elles sont certes sonores. Mais elles ne répondent à aucune des informations précises rapportées.
La souveraineté nationale n’a jamais constitué une quittance de loyer.
Et le patriotisme ne dispense pas de lire jusqu’au bout.
Alors faisons simple.
Le jugement du 26 août 2026 existe-t-il ?
Concerne-t-il le logement décrit par Africa Intelligence ?
Homya en est-elle le bailleur ?
Les 9 749,13 euros ont-ils été réclamés ?
Voilà les faits à démentir.
Le reste, c’est un peu comme agiter le drapeau vert-jaune-bleu devant une facture impayée.
Michel Ongoundou Loundah