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Zita Oligui Nguema dans le septentrion : écouter, échanger et agir ?


Zita Oligui Nguema dans le septentrion : écouter, échanger et agir ?

Zita Oligui Nguema à son arrivée , image prise sur facebook Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Depuis dimanche, la Première Dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, séjourne dans le Woleu-Ntem pour une tournée annoncée sur sept jours. Au-delà des visites et des rencontres, ce déplacement met en lumière plusieurs enjeux majeurs, notamment la proximité avec les populations rurales, l’autonomisation des femmes et la relance de la production agricole. Il soulève aussi une interrogation institutionnelle sur le statut de la Première Dame et les moyens publics mobilisés autour de ses activités.

Zita Oligui Nguema dans le septentrion : écouter, échangere6 et agir ?

 

À l’invitation des populations du septentrion, Zita Oligui Nguema a entamé dimanche une tournée dans la province du Woleu-Ntem. Accueillie dans plusieurs localités, elle entend, selon les informations relayées par différents médias, aller au contact des habitants, notamment dans les villages et les zones rurales éloignées des principaux centres urbains.

 

Le choix du monde rural n’est pas anodin. La visite de sites agricoles portés par des coopératives féminines met en avant une préoccupation qui dépasse la seule autonomisation des femmes. Elle renvoie directement à la capacité du Gabon à renforcer sa production locale et à réduire sa dépendance aux importations alimentaires.

 

Les femmes au cœur du dispositif

 

Les rencontres annoncées accordent une place importante aux femmes et à leur autonomisation économique. Dans les zones rurales, l’accès aux financements, aux équipements, à la formation et aux débouchés commerciaux demeure déterminant. Sans ces leviers, les initiatives agricoles risquent de rester confinées à une économie de subsistance.

 

Le discours sur le « retour à la terre » prend ici tout son sens. Encourager les populations à produire ne suffit pas. Encore faut-il leur donner les moyens de travailler, de transformer leurs récoltes, de les transporter et de les vendre à des conditions suffisamment rémunératrices.

 

L’agriculture ne peut devenir une véritable activité économique si les routes sont impraticables, si les équipements manquent, si les crédits restent inaccessibles et si les producteurs ne disposent d’aucun circuit fiable pour écouler leurs marchandises.

 

Une tournée qui pose la question de l’après

 

L’un des principaux enjeux de cette tournée réside dans sa capacité à dépasser le temps de la visite officielle. Les déplacements de proximité permettent d’écouter les populations et de mieux percevoir leurs réalités. Leur portée se mesure cependant aux réponses apportées, dans la durée, aux préoccupations recueillies sur le terrain.

 

Dans le Woleu-Ntem, les échanges peuvent faire émerger des attentes précises concernant l’agriculture, les infrastructures, l’accès aux services essentiels et l’accompagnement des initiatives portées par les femmes.

 

Selon plusieurs médias, le séjour doit durer sept jours. Cette durée permet de multiplier les étapes et les rencontres. Elle doit aussi offrir le temps nécessaire pour entendre autre chose que les discours préparés, les témoignages sélectionnés et les présentations organisées pour la circonstance.

 

Première Dame, mais avec quel statut ?

 

Cette tournée invite également à poser une question institutionnelle rarement abordée. Quel est exactement le statut de la Première Dame dans l’organisation de l’État gabonais ?

 

L’épouse du chef de l’État n’est ni élue ni membre du gouvernement. La fonction de Première Dame relève traditionnellement d’un usage protocolaire et non d’une institution disposant de compétences constitutionnelles clairement définies.

 

Or l’ampleur de la mobilisation observée autour de certains de ses déplacements, notamment celle des services de l’État ainsi que des agents des forces de défense et de sécurité, peut donner à ces activités l’apparence d’une mission officielle.

 

La protection de l’épouse du chef de l’État peut naturellement se justifier par des impératifs de sécurité. Mais au-delà de cette protection, une clarification paraît nécessaire sur la nature, l’étendue et le financement des moyens publics mobilisés. Quels services interviennent ? Dans quel cadre administratif ? Sur quel fondement ? Et quelle distinction est faite entre les activités de la Première Dame, celles de sa fondation et les missions relevant directement de l’État ?

 

Poser ces questions ne revient pas à contester l’utilité des actions menées en faveur des femmes ou du monde rural. Il s’agit simplement de rappeler que l’utilisation des moyens publics doit demeurer lisible, encadrée et justifiable, quelle que soit la personnalité concernée.

 

Du symbole à l’impact

 

Cette tournée apparaît comme un exercice de proximité, mais aussi comme un test de la capacité des initiatives en faveur des femmes et du monde rural à produire des effets durables.

 

Au-delà de l’accueil réservé à Zita Oligui Nguema et des images diffusées, l’essentiel résidera dans les suites données aux échanges. Dans les villages comme dans les coopératives agricoles, les attentes portent moins sur les discours et les cérémonies que sur l’accès aux financements, aux équipements, aux routes, aux marchés et à un accompagnement durable.

 

La portée de cette immersion dans le septentrion se mesurera donc à deux niveaux. D’abord, aux résultats concrets obtenus par les femmes et les communautés rencontrées. Ensuite, à la transparence du cadre institutionnel et des moyens publics mobilisés autour d’une personnalité dont la place demeure importante dans la vie publique, mais dont le statut reste à clarifier.

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