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Gabon / Autonomisation des femmes : entre engagements institutionnels et réalités économiques


Gabon / Autonomisation des femmes : entre engagements institutionnels et réalités économiques

La rencontre de la promotion de l’entrepreneuriat féminin au Burundi Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Participer aux rencontres internationales est une chose, faciliter l’accès des femmes au financement en est une autre. Au Gabon, malgré les dispositifs annoncés pour soutenir l’entrepreneuriat féminin, l’accès au crédit demeure un obstacle majeur. Les chiffres de la Société de Garantie du Gabon illustrent l’ampleur du défi.

Autonomisation des femmes : entre engagements institutionnels et réalités économiques

 

Conduite par Zenaba Gninga Chaning, ministre des PME/PMI et de l’Entrepreneuriat, la délégation gabonaise a pris part prend au rendez-vous régional consacré à la promotion de l’initiative économique des femmes du 3 au 6 novembre.

 


Zenaba Gninga Chaning, ministre des PME/PMI et de l’Entrepreneuriat

 

Au programme : échanges d’expériences, mobilisation des financements, renforcement des capacités et développement de partenariats en faveur de l’entrepreneuriat féminin. Autant de thématiques qui renvoient à des préoccupations concrètes pour les femmes qui entreprennent, notamment au Gabon.

 

Car si la participation du pays à cette rencontre témoigne d’une volonté affichée de promouvoir l’entrepreneuriat féminin, la question de son impact sur le terrain demeure entière.

 

Un potentiel économique encore confronté aux difficultés de financement

 

Au Gabon, l’entrepreneuriat féminin s’affirme progressivement dans plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, la transformation des produits locaux, l’artisanat, la mode, le commerce et les services.

 

Ces initiatives participent à la création d’activités génératrices de revenus, à la valorisation des ressources locales et à l’autonomisation économique des femmes.

 

Toutefois, l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles à leur développement.

 

Au 31 mai 2026, les entreprises dirigées par des femmes représentaient 98 des 436 PME accompagnées par la Société de Garantie du Gabon (SGG), soit environ 22,5 % de son portefeuille. Ces données ont été présentées par le directeur général de l’institution, Alban Etho, lors d’une rencontre consacrée à l’entrepreneuriat féminin, le 27 juillet 2026 à Libreville.

 

Pour répondre à cette difficulté, la SGG a annoncé un mécanisme spécifique destiné à garantir jusqu’à 75 % des crédits bancaires éligibles accordés aux entreprises répondant aux critères de l’entrepreneuriat féminin.

 

Une initiative qui mérite d’être suivie de près. Car au-delà de l’annonce, plusieurs questions restent posées : quelles sont les conditions exactes d’éligibilité ? Combien d’entrepreneuses ont effectivement bénéficié de ce mécanisme ? Quels montants ont été mobilisés et pour quels secteurs d’activité ?

 

Des obstacles qui persistent sur le terrain

 

Au-delà du financement, les femmes entrepreneures doivent composer avec plusieurs contraintes : insuffisance de garanties bancaires, difficultés de formalisation, manque d’accompagnement technique, faiblesse des infrastructures et poids des charges liées à l’exploitation de leurs activités.

 

Pour celles qui évoluent dans le secteur informel, la structuration et le développement de leurs entreprises constituent également des défis importants.

 

Dans ce contexte, les dispositifs d’accompagnement portés par les institutions nationales et les partenaires internationaux, notamment la Chambre de commerce, l’Organisation internationale de la Francophonie à travers le fonds « La Francophonie avec Elles », ainsi que le Centre de compétences professionnelles et entrepreneuriales Zita Oligui Nguema (CCPEZON), participent aux efforts de formation, d’insertion et d’autonomisation économique des femmes.

 

Mais leur portée réelle mérite également d’être évaluée à travers des données sur les bénéficiaires, les financements accordés et la pérennité des activités soutenues.

 

De la représentation internationale aux résultats nationaux

 

La participation du Gabon au SAIEF-CEEAC constitue une occasion de valoriser les initiatives féminines nationales et de développer des partenariats régionaux.

 

Toutefois, la promotion de l’entrepreneuriat féminin ne saurait se limiter à la représentation du pays dans les rencontres internationales ou à l’annonce de nouveaux mécanismes de soutien.

 

Elle suppose des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes des entrepreneuses : accéder au crédit, développer leur production, conquérir des marchés, formaliser leurs activités et assurer la pérennité de leurs entreprises.

 

Au-delà des discours sur l’autonomisation économique, les femmes gabonaises attendent surtout des mécanismes accessibles, des financements effectifs et des résultats mesurables.

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