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À Moscou, le Gabon doit obtenir davantage qu’une photo de famille


À Moscou, le Gabon doit obtenir davantage qu’une photo de famille

Une vue de la salle Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Diversifier ses partenaires, attirer des capitaux, accélérer la transformation économique : le Gabon affiche de grandes ambitions à Moscou. Représenté par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, au rendez-vous Russie–Afrique des 28 et 29 octobre 2026, Libreville entend élargir ses horizons. Reste à savoir ce que cette participation apportera au pays.

À Moscou, le Gabon doit obtenir davantage qu’une photo de famille

 

Une rencontre internationale ouvre des portes. Elle ne construit ni une usine ni une route. Sa portée se mesure aux engagements obtenus, aux conditions négociées et aux projets qui voient effectivement le jour. Les déclarations d’amitié ont leur place dans les relations diplomatiques. Elles ne sauraient tenir lieu de bilan économique.

 

Diversifier les partenaires exige une
stratégie

 

Une autre vue de la salle

 

Le Gabon a raison d’explorer de nouvelles coopérations. Élargir le cercle de ses interlocuteurs peut renforcer sa capacité de négociation et réduire certaines dépendances. Encore faut-il arriver à la table avec des priorités précises et des exigences solides.

 

Transformation locale des ressources naturelles, agriculture, industrie, infrastructures, technologies : les besoins sont connus. Dans chacun de ces secteurs, le pays doit rechercher des investissements productifs, des emplois qualifiés et des transferts de compétences vérifiables.

 

Multiplier les partenaires sans renforcer les capacités nationales reviendrait à diversifier les dépendances. Changer l’origine des capitaux ne suffit pas à modifier la place du Gabon dans la chaîne de valeur.

 

La délégation gabonaise devra donc présenter les résultats de sa mission : projets discutés, engagements signés, montants envisagés, modalités de financement et calendrier de réalisation. Il faudra aussi distinguer les intentions des accords contraignants, puis les financements annoncés des sommes effectivement mobilisées. Entre ces différentes étapes, bien des promesses peuvent s’évaporer.

 

Belinga, l’épreuve de la valeur ajoutée

 

Le projet de fer de Belinga illustre l’ampleur des enjeux. Pour le Gabon, sa valeur ne peut se résumer au minerai extrait et exporté. Elle dépend aussi des infrastructures réalisées, des recettes publiques, de la place accordée aux entreprises locales et des compétences transmises aux travailleurs gabonais.

 

Toute nouvelle coopération dans le secteur minier doit être appréciée à cette aune. Une annonce spectaculaire ne dispense pas d’examiner les obligations de l’investisseur, les garanties de l’État et les retombées attendues pour les populations.

 

L’évocation de Belinga dans une réflexion sur les partenariats économiques ne doit toutefois pas laisser entendre qu’un engagement russe sur ce projet aurait été obtenu. Seuls des accords rendus publics permettraient de l’établir.

 

Le Gabon possède des ressources recherchées. Cette position doit lui permettre de négocier les conditions de leur valorisation, avec une vision industrielle et des exigences sociales et environnementales claires. Attirer un investisseur constitue une étape. Obtenir un partenariat utile au pays demande davantage.

 

Le bilan commence au retour

 


Photo de famille

 

Les attentes des Gabonais portent sur l’emploi, le pouvoir d’achat et l’amélioration des services essentiels. C’est à ces besoins que les déplacements officiels doivent, à terme, répondre.

 

Au retour de Moscou, un compte rendu précis serait donc plus utile qu’une succession de formules enthousiastes. Il devrait exposer les engagements obtenus, identifier les administrations chargées de leur suivi et fixer des échéances permettant d’en évaluer l’exécution.

 

La diversification diplomatique peut servir le développement. Elle exige de la préparation, de la transparence et de la continuité. Sans ce travail, les sommets s’additionnent tandis que les mêmes besoins attendent.

 

Moscou sera utile au Gabon si des projets solides prolongent les discussions. La photo de famille, elle, aura déjà rempli sa fonction.

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