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Suspension du procureur général Eddy Minang : la charge d’Istovant Nkoghe contre la méthode du pouvoir


Suspension du procureur général Eddy Minang : la charge d’Istovant Nkoghe contre la méthode du pouvoir

le Dr Istovant Nkoghe, avocat et président de l’Alliance démocratique et solidaire Credit:© 2026 D.R./Le Radar

La suspension du procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Narcisse Minang, continue d’alimenter le débat public au Gabon. Dans une tribune libre publiée sur Facebook, le Dr Istovant Nkoghe, avocat et président de l’Alliance démocratique et solidaire, critique la décision du garde des Sceaux et estime qu’elle constitue « une grave erreur » pour le gouvernement.

La décision administrative n°000007/MJGSCDH, signée le 9 juin 2026 et notifiée le lendemain, a entraîné la suspension pour trois mois du magistrat hors hiérarchie. Son intérim a été confié à une autre magistrate afin d’assurer la continuité du parquet général.

Pour Istovant Nkoghe, cette rapidité d’exécution soulève toutefois des interrogations sur la méthode employée. « Ce qui se joue ici n’est pas le sort d’un homme, mais la nature même de la justice que le Gabon prétend s’être donnée depuis août 2023 » écrit-il.

L’avocat déplore notamment l’absence, selon lui, de motifs officiellement détaillés dans la décision de suspension. Il évoque les différentes informations relayées dans la presse autour d’éventuelles affaires financières ou de corruption, tout en rappelant qu’aucune communication officielle n’a, à ce stade, établi la responsabilité du procureur général.

« Un État de droit ne suspend pas un procureur général sur la foi de rumeurs ; il instruit, il qualifie, il établit contradictoirement, puis il sanctionne » , soutient-il.

Dans sa tribune, le président de l’Alliance démocratique et solidaire interroge également le respect des garanties disciplinaires prévues pour les magistrats. Il estime que la suspension conservatoire, bien qu’étant une prérogative du ministre de la Justice, ne peut s’affranchir des exigences de procédure, notamment le respect du contradictoire et l’intervention des organes compétents.

Istovant Nkoghe pose ainsi trois interrogations au garde des Sceaux : l’existence d’une urgence justifiant la suspension immédiate, la procédure ayant conduit à la décision et la place accordée aux droits de la défense.

Revenant sur le rôle joué par Eddy Minang dans plusieurs dossiers judiciaires majeurs, notamment le procès de Sylvia et Noureddin Bongo, l’avocat estime que cette suspension met en lumière une contradiction entre les ambitions affichées en matière d’indépendance judiciaire et la réalité du fonctionnement des institutions.

« Une justice qui se voudrait indépendante aurait laissé le droit suivre son cours » , affirme-t-il, appelant au respect des principes fondamentaux de l’État de droit.

Pour le Dr Istovant Nkoghe, au-delà de la personne du procureur général, c’est l’image de la justice gabonaise qui est en jeu.

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