SEEG : Après l’incident informatique, le SYNTEE+ réclame une justice équitable et un dialogue direct
Les membres du SYNTEE + au cours de leur déclaration à Libreville, le samedi 27 juin 2026 Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le Syndicat national des travailleurs du secteur de l’eau et de l’électricité (SYNTEE+) a animé, ce samedi 27 juin à Libreville, un point de presse au siège de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Au centre des échanges : la situation des agents mis en cause dans l’affaire de l’incident informatique survenu mi-juin, la défense de leur présomption d’innocence et l’avenir de l’entreprise publique.
Face aux inquiétudes suscitées par les récents événements au sein de la SEEG, le Syndicat national des travailleurs du secteur de l’eau et de l’électricité (SYNTEE+) a décidé de prendre la parole. Réunis devant la presse, les responsables syndicaux ont interpellé l’opinion publique, les autorités et les partenaires sociaux sur les difficultés que traverse actuellement l’entreprise et son personnel.
Dans une déclaration portée par son président exécutif, Éric Josué Bouanga Moussavou, le SYNTEE+ a placé son intervention sous le signe de « la vérité, la justice et la dignité ».
« Notre entreprise commune, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), traverse une période cruciale. Face aux vagues d’inquiétudes et aux interrogations légitimes de l’opinion, il est de notre devoir de faire entendre la voix de la clarté, de la justice et de l’apaisement » , a-t-il déclaré.
Affaire de l’incident informatique : le syndicat défend la présomption d’innocence
Le premier point abordé par le SYNTEE+ concerne l’incident informatique majeur enregistré dans la nuit du 14 au 15 juin 2026 sur les infrastructures de la SEEG. Plusieurs agents avaient été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte par la justice.
Le SYNTEE+
Tout en réaffirmant son respect des institutions républicaines, le syndicat a insisté sur le respect du principe de présomption d’innocence.
Après plus de dix jours de détention, plusieurs agents concernés ont finalement été remis en liberté le vendredi 26 juin 2026. Une décision saluée par le SYNTEE+, qui appelle toutefois à la poursuite d’une procédure judiciaire transparente et équitable.
Le syndicat a également rappelé l’affaire dite
« SUPRIMA GATE », relative à la vente présumée irrégulière des unités EDAN, estimant que les conclusions de ce dossier restent attendues et demande par ailleurs aux médias ayant relayé les accusations contre les agents de la SEEG de contribuer également à rétablir leur image en informant l’opinion publique de l’évolution de la procédure.
Ces derniers refusent d’être désignés comme boucs émissaires. Au-delà du dossier judiciaire, le syndicat a voulu défendre l’honneur et la réputation des milliers d’agents de la SEEG.
Pour Éric Josué Bouanga Moussavou, les travailleurs de l’entreprise sont avant tout « des serviteurs de la Nation », engagés quotidiennement pour assurer l’accès à l’eau et à l’électricité.
Tout en rendant un hommage appuyé à Ditougou, électricien de réseau en service à Gamba, décédé récemment dans l’exercice de ses fonctions alors qu’il assurait la continuité du service public, le syndicat dénonce une stigmatisation croissante des agents, accusés selon lui à tort d’être responsables des difficultés structurelles du secteur.
« Les agents de la SEEG et leurs familles subissent eux aussi les délestages, les pénuries d’eau et les contraintes du quotidien » , a rappelé le syndicat, appelant à éviter toute division sociale autour de cette crise.
La question financière au cœur des préoccupations
Autre sujet soulevé lors de cette sortie médiatique : la situation économique et financière de la SEEG.
Le SYNTEE+ se dit favorable à la transparence, mais estime que celle-ci doit concerner l’ensemble des acteurs et des décisions ayant influencé la situation actuelle de l’entreprise.
Selon le syndicat, la SEEG a régulièrement accompagné l’État dans la réalisation d’infrastructures stratégiques, mais aurait parfois supporté des charges financières importantes limitant ses capacités d’investissement et de modernisation.
Le syndicat appelle ainsi à l’ouverture d’un dialogue global entre la direction générale, le ministère de tutelle et les partenaires concernés afin d’établir un diagnostic complet de la situation.
Un appel à une rencontre avec le Chef de l’État
Pour sortir de la crise, le SYNTEE+ sollicite une audience auprès du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin d’engager un dialogue direct avec les travailleurs de la SEEG.
Le syndicat souhaite une rencontre « sans intermédiaire » pour exposer les réalités vécues par les agents et contribuer à la mise en œuvre de l’objectif national d’un accès universel à l’eau et à l’énergie.
En guise de conclusion, le SYNTEE+ a rendu hommage aux générations d’agents ayant contribué depuis 1950 au développement du service public de l’eau et de l’électricité au Gabon.
Une sortie médiatique qui traduit la volonté du syndicat de défendre ses travailleurs, tout en appelant à une réflexion globale sur l’avenir de la SEEG et du secteur énergétique national.
