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Gabon / Fonction publique : après le recensement, quelles suites pour les agents irréguliers ?


Gabon / Fonction publique : après le recensement, quelles suites pour les agents irréguliers ?

La ministre de la Fonction publique , Laurence Ndong lors de la conférence de presse le mardi 22 septembre 2026 à Libreville Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Après plusieurs opérations de recensement des agents publics, les autorités gabonaises ont cette fois décidé d’aller au-delà du simple contrôle administratif. La Commission chargée de l’examen des dossiers litigieux issus du recensement biométrique et administratif a étudié 1 762 situations. Au terme de plus de deux mois de travaux, ses conclusions font état de 116 réhabilitations et de plusieurs centaines de radiations. Reste désormais à savoir quelles suites concrètes seront données à ces décisions.

Fonction publique : après le recensement, quelles suites pour les agents irréguliers ?

 

Les recensements des agents publics se sont multipliés au fil des années avec une même préoccupation : identifier les situations irrégulières au sein de la Fonction publique. Jusqu’ici, les résultats de ces opérations n’ont cependant pas toujours été suivis de mesures permettant de déterminer clairement le sort des agents concernés.

 

Cette fois, le gouvernement entend donner une suite aux anomalies relevées. Les conclusions de la Commission chargée de l’examen des dossiers litigieux ont été présentées le 22 septembre 2026, après plus de deux mois de travaux. Elles avaient été adoptées en Conseil des ministres le 18 septembre.

 

Selon la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, chaque dossier a fait l’objet d’un examen individuel.

 

« Chaque cas a été examiné individuellement. Les personnes concernées ont été entendues et ont eu la possibilité de présenter les documents permettant d’expliquer leur situation » , a indiqué la ministre.

 

Le travail de la Commission ne s’est pas limité à vérifier la présence physique des agents. Les commissaires ont également contrôlé les documents administratifs permettant d’établir l’affectation et la situation professionnelle de chacun.

 

Une autre image de la conférence

Au total, 1 762 situations ont été examinées. Le bilan fait ressortir 116 réhabilitations, 589 radiations avec maintien des droits à pension, 110 radiations sans maintien des droits à pension, ainsi que 600 radiations concernant la main-d’œuvre non permanente.

 

Quelles suites pour les situations irrégulières ?

 

Au-delà des chiffres, se pose désormais la question des suites données à ces décisions. Pour un agent de la Fonction publique contacté par LeRadar.ga, qui a requis l’anonymat, l’opération ne devrait pas s’arrêter à la publication des conclusions.

 

« Si l’initiative reste louable, il serait nécessaire que la ministre publie la liste des indélicats, notamment de ceux qui émargeaient frauduleusement à la Fonction publique, afin que le contribuable puisse être informé » , estime-t-il.

 

L’agent plaide également pour que les éventuels postes ainsi libérés puissent bénéficier aux jeunes demandeurs d’emploi.

 

« Deuxièmement, le remplacement devrait se faire en puisant dans le fichier des jeunes demandeurs d’emploi, avec pour effet de réduire le chômage galopant, qui constitue aujourd’hui une plaie pour le pays » , ajoute-t-il.

 

Le SYNAPOSTE salue « un signal fort »

 

Du côté syndical, Davy Mamboundou, secrétaire général du Syndicat national de La Poste (SYNAPOSTE), voit dans cette opération un signal adressé à l’ensemble des agents publics.

 

« C’est un signal fort en direction des agents publics de l’État et des salariés gabonais en général, car il montre un nettoyage du fichier de l’État. Il permet de réaliser des économies en écartant les agents absents ou irréguliers, tout en préservant les droits de ceux qui peuvent prétendre à une pension ou à une réhabilitation » , estime-t-il.

 

Pour le secrétaire général du SYNAPOSTE, cette opération pourrait également ouvrir la voie à une démarche similaire dans les entreprises et organismes parapublics.

 

« Le temps du laxisme est désormais révolu. Il fallait des exemples pour que cela puisse servir de leçon à tout le monde, sans exception. Ce qui se passe à la Fonction publique peut très bien s’appliquer dans le parapublic » , conclut-il.

 

Au-delà des chiffres annoncés, l’enjeu consiste désormais à mesurer l’application effective des décisions prises et leurs conséquences sur la gestion des effectifs publics. Il faudra également en évaluer l’impact sur la masse salariale de l’État.

 

Une autre question restera à suivre : les postes effectivement libérés par ces radiations seront-ils supprimés, maintenus ou ouverts à de nouveaux recrutements ?

 

La réponse permettra de mesurer si ce recensement aura seulement servi à assainir les fichiers administratifs ou s’il marque le début d’une gestion plus rigoureuse et plus transparente des effectifs de la Fonction publique.

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