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Coupure d’électricité à Owendo : commerçants et ménages paient le prix fort d’un réseau sous tension


Coupure d’électricité à Owendo : commerçants et ménages paient le prix fort d’un réseau sous tension

Les installations de la SEEG ( Internet) Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Le black-out énergétique qui frappe la commune d’Owendo depuis samedi remet brutalement en lumière les fragilités persistantes du système électrique gabonais et ses conséquences immédiates sur l’activité économique, le quotidien des ménages et la confiance des usagers envers les services publics de notre pays.

Dans un communiqué diffusé ce week-end, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) indique qu’un incendie s’est déclaré samedi 23 mai 2026 à 16h30 « au niveau du local 20 kV du poste source d’Owendo », provoquant une interruption majeure de la fourniture d’électricité dans plusieurs secteurs de la commune. Si l’entreprise affirme avoir déployé ses équipes techniques pour un rétablissement progressif du service, cet incident ravive des interrogations récurrentes sur la résilience des infrastructures énergétiques nationales et leur capacité à faire face aux situations de crise.

Car au-delà de cet énième incident technique, ce sont déjà les conséquences économiques et sociales qui se font lourdement sentir. Les commerçants des produits frais, congelés et surgelés enregistrent des pertes parfois considérables dues à la rupture prolongée de la chaîne du froid. Boutiques alimentaires, poissonneries, snacks, petits commerces de quartier : pour de nombreux acteurs économiques, chaque heure sans électricité se traduit par des marchandises compromises et des revenus amputés.

Siège de la SEEG Owendo

Même constat du côté des artisans, restaurateurs, coiffeurs, soudeurs, imprimeurs et autres activités dépendantes de l’alimentation électrique, contraintes de ralentir leur production ou de suspendre totalement leurs opérations.

Dans les foyers, la situation dépasse la simple privation de confort. La coupure affecte également l’accès à l’eau, mettant en évidence la forte dépendance entre les réseaux électrique et hydraulique. Une réalité qui accentue davantage la vulnérabilité des populations, déjà confrontées depuis plusieurs années à des perturbations récurrentes des services essentiels.

Cette nouvelle panne remet par ailleurs sur la table une question sensible mais rarement tranchée : celle de la responsabilité de la Seeg face aux préjudices subis par les usagers. Qui prend en charge les denrées alimentaires perdues, les équipements endommagés, les journées de travail sacrifiées ou les pertes commerciales engendrées par une interruption prolongée ? En l’absence de mécanismes d’indemnisation clairement identifiés et accessibles au grand public, l’incompréhension et la frustration gagnent du terrain.

Au fond, cet épisode dépasse le cadre d’un simple incident technique. Il illustre les limites structurelles d’un réseau énergétique confronté à des infrastructures vieillissantes, à une demande en constante augmentation et à des défis persistants en matière de maintenance, d’investissement et de sécurisation des installations stratégiques.

À Owendo, comme dans plusieurs localités du pays, la question n’est plus seulement celle du rétablissement du courant. Elle est désormais celle de la fiabilité durable du service public, de la prévention des risques industriels et de la capacité des autorités comme des opérateurs à restaurer une confiance progressivement érodée par la répétition des crises.

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