Le Fiacre d’éléphant à 25 kilomètres de la ville de Makokou Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Dans la forêt gabonaise, le fiacre d’éléphant est bien plus qu’un simple résidu naturel. Il constitue un véritable bouillon de culture et un engrais naturel essentiel à la croissance des plantes.
Il y a plusieurs semaines, lors d’un déplacement dans la province de l’Ogooué-Ivindo, à environ 25 kilomètres de Makokou, notre équipe de reporters a observé en bordure de route le fiacre laissé par un éléphant de forêt
(Loxodonta cyclotis).
Au Gabon, cette appellation renvoie au rôle écologique majeur de l’éléphant de forêt, souvent qualifié de « jardinier de la forêt » . En se nourrissant et en parcourant de vastes espaces, l’animal assure la dispersion des graines, un mécanisme clé pour la régénération des forêts du bassin du Congo et le maintien de la biodiversité.
Selon Benjamin Evine Binet, spécialiste des questions environnementales, « il s’agit des excréments de l’éléphant. C’est un véritable bouillon de culture, un excellent engrais pour les plantes, notamment les fleurs » .
Au-delà de la question de l’ivoire, l’éléphant joue donc un rôle écologique fondamental. Il contribue également à la création et à l’entretien des bais, ces clairières naturelles riches en minéraux, indispensables non seulement à sa survie mais aussi à celle de nombreuses autres espèces animales.
Avec plus de 85 % de son territoire recouvert de forêts, le Gabon est considéré comme l’un des principaux sanctuaires de l’éléphant de forêt en Afrique centrale.
Toutefois, malgré les politiques de conservation mises en œuvre, le braconnage et les conflits entre l’homme et la faune demeurent des défis persistants.