La suspension des réseaux sociaux au Gabon Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Depuis l’annonce de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le 17 février dernier, les réseaux sociaux sont fortement perturbés au Gabon. Cette décision vise à lutter contre les dérives observées sur certaines plateformes, notamment Facebook, WhatsApp et Instagram.
Toutefois, les Gabonais ont rapidement trouvé des solutions alternatives. Fait notable : WhatsApp reste partiellement fonctionnel dans le pays malgré les restrictions. Pour comprendre cette situation, le journaliste Quentin Velluet a publié dans Jeune Afrique (éditions du 20 février dernier), une étude détaillée sur la question.
Une suspension partielle des réseaux sociaux
La suspension des réseaux sociaux, toujours en vigueur, n’affecte pas tous les utilisateurs de la même manière. Cette décision est « assumée et soutenue par les plus hautes autorités du pays », a déclaré à Jeune Afrique Mélodie Jennyfer Sambat, conseillère spéciale du président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Un blocage inégal selon les opérateurs
Dans les faits, le blocage des plateformes comme TikTok et YouTube varie selon les opérateurs de télécommunications. Chez Gabon Telecom, il reste possible d’envoyer des messages écrits via WhatsApp.
Selon les données publiées le 18 février par NetBlocks, le taux de disponibilité des principales plateformes y est estimé à 33 %. L’opérateur applique une technique appelée « throttling », qui consiste à réduire la bande passante.
Résultat : les appels, les transferts de fichiers ainsi que les contenus audio et vidéo deviennent quasiment inaccessibles, tandis que les messages écrits continuent de fonctionner.
Coupure totale chez certains fournisseurs
En revanche, Airtel Gabon et GVA Canalbox ont opté pour un blocage complet des plateformes. Ces opérateurs utilisent le blocage DNS (Domain Name System), en ciblant directement les adresses IP des services concernés.
« Les opérateurs reconfigurent leurs serveurs pour empêcher l’accès aux plateformes », explique Antony Virgil Adopo, expert du numérique.
L’explosion de l’usage des VPN
Une analyse publiée le 19 février par Open Observatory of Network Interference (OONI) confirme ces observations. L’organisme évoque des « interférences DNS constantes », preuve d’un blocage intentionnel de l’accès à plusieurs réseaux sociaux.
Dans ce contexte, le recours aux VPN a fortement augmenté au Gabon, permettant à de nombreux utilisateurs de contourner les restrictions.
Une levée de la suspension incertaine
Reste à savoir combien de temps durera cette situation. Les autorités gabonaises conditionnent désormais la levée des restrictions à des discussions avec les plateformes concernées, en vue d’une meilleure régulation des contenus.
Selon la présidence, le groupe Meta aurait déjà pris contact avec les autorités gabonaises. Sollicitée par Jeune Afrique, l’entreprise américaine n’a toutefois pas encore réagi officiellement.