Gabon : Michel Ongoundou Loundah dénonce un recul de l’État de droit après l’interpellation de Bilie-By-Nze
Le président de REAGIR, Michel Ongoundou Loundah et le président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) Alain-Claude Bilie-By-Nze Credit:© 2026 D.R./Le Radar
L’interpellation de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique gabonaise, notamment à Libreville. L’affaire, survenue mercredi dernier, dépasse désormais le cadre strictement judiciaire pour s’inscrire dans un climat de tensions politiques.
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Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, Michel Ongoundou Loundah, ancien sénateur de la Transition et président du parti REAGIR, a vivement réagi à cet épisode. Dans un communiqué intitulé « La peur ne gouvernera pas le Gabon ! » , il remet en cause les conditions de l’interpellation ainsi que ses implications politiques.
L’opposant estime que la procédure soulève de sérieuses interrogations. Il évoque notamment l’absence de convocation ou de mandat, qu’il considère comme une dérive préoccupante.
« L’arrestation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, sans convocation ni mandat, quels qu’en soient les motifs, soulève de sérieuses interrogations sur la méthode employée et sur les intentions réelles d’une opération qui s’apparente à un enlèvement » , affirme-t-il.
Au-delà du cas individuel, Michel Ongoundou Loundah inscrit cet événement dans un contexte plus large qu’il décrit comme une dégradation de la situation politique et sociale. Selon lui, cette interpellation traduirait une tendance à privilégier la répression au détriment du dialogue.
Un autre cliché des deux leaders politiques
Il estime par ailleurs que les difficultés quotidiennes des populations, notamment les coupures d’eau et d’électricité, la hausse du coût de la vie, la pauvreté et l’insécurité, contrastent avec le traitement réservé aux voix critiques du pouvoir.
Dans son analyse, le président de REAGIR évoque également une crise plus profonde de gouvernance, marquée selon lui par un recul du contrat social et une restriction progressive des libertés publiques.
« Le Gabon mérite mieux que la peur, mieux que la censure d’Internet, mieux que la répression. Il mérite un État qui écoute, qui agit dans l’intérêt du plus grand nombre et qui rend des comptes » , a-t-il déclaré, estimant que les aspirations populaires finiront par s’exprimer.
Cette prise de position s’inscrit dans un climat politique de plus en plus tendu, où chaque événement institutionnel alimente les lectures opposées entre pouvoir et opposition.
