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Gabon / « Mbanié : les contorsions sémantiques ne changeront rien » Michel Ongoundou Loundah


Gabon  / « Mbanié : les contorsions sémantiques ne changeront rien » Michel Ongoundou Loundah

Michel Ongoundou Loundah, ancien Sénateur Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Après la publication de la vidéo de Digitalnews.ga sur le dossier Mbanié, l’ancien Sénateur Michel Ongoundou Loundah est sorti de son silence. Dans une réaction sans détour, il apporte un nouvel éclairage au débat et renforce les analyses déjà développées dans les tribunes publiées par Gabonews.com et Leradar.ga, relançant ainsi les interrogations autour de la gestion de ce dossier sensible.

« Sous des apparences pédagogiques, cette vidéo relève avant tout de la communication politique. Surtout, elle n’apporte finalement rien au débat de fond. Elle a simplement provoqué une petite tempête dans un verre d’eau en laissant croire à certains que le contentieux entre le Gabon et la Guinée équatoriale demeurait encore ouvert. En réalité, elle tente grossièrement de déplacer le débat. Comme ça, on ne parlera plus de la perte de souveraineté sur Mbanié, Cocotiers et Conga, mais des modalités d’application d’une décision pourtant devenue définitive. Dans tous les cas, ces contorsions sémantiques ne changent absolument rien au fond de l’affaire. La Cour internationale de Justice a définitivement tranché. Le Gabon a perdu la souveraineté sur les îles Mbanié, Cocotiers et Conga. L’accord signé à Addis-Abeba ne renégocie rien, il organise simplement l’exécution d’une décision devenue définitive.

La vidéo de Digitalnews.ga

Prenons un exemple très simple. Vous construisez une maison sur le terrain d’autrui. Le propriétaire saisit la justice et obtient gain de cause. Le tribunal ordonne que vous démolissiez votre maison pour lui restituer son terrain. Une fois le jugement rendu, vient la phase de son exécution. Ce n’est évidemment pas le juge qui viendra lui-même démolir la maison. Des procédures seront mises en œuvre pour faire appliquer la décision. A aucun moment, cette phase d’exécution ne remettra en cause ce qui a été jugé. C’est exactement ce qui se passe ici. L’accord d’Addis-Abeba ne revient pas sur la décision de la Cour, il en organise seulement les modalités d’application.

Il est d’ailleurs intéressant d’observer l’attitude adoptée de part et d’autre de la frontière. En Guinée équatoriale, le ministre des Affaires étrangères et plusieurs responsables se sont exprimés publiquement à de nombreuses reprises. Ils ont expliqué la décision, répondu aux interrogations et alimenté un véritable débat national. Que l’on partage ou non leurs arguments, ils ont au moins assumé leur devoir d’explication. Au Gabon, en revanche, le silence est demeuré la règle. Et la vidéo qui circule aujourd’hui ne saurait tenir lieu de communication institutionnelle. Elle ressemble davantage à un ballon d’essai destiné à tester les réactions de l’opinion qu’à une prise de parole assumée de l’État. En tout état de cause, cette petite vidéo ne répond à aucune des questions qui préoccupent les Gabonais. Elle n’explique ni pourquoi le Gabon a perdu devant la Cour internationale de Justice, ni quels arguments ont emporté la conviction des juges, ni quelles leçons les autorités entendent tirer de cette décision. Elle préfère déplacer le débat vers les modalités d’exécution d’un arrêt devenu définitif.

C’est sans doute là son véritable objectif. Faire parler de la forme plutôt que du fond. Mais toutes ces gesticulations ne changeront rien à la seule réalité qui compte : le différend est terminé, la décision est définitive et les Gabonais veulent des explications. Point ! »

 

Michel Ongoundou Loundah

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